Les ventes de dessins multipliées par 6 en 10 ans

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28/06/2016 | | Source : Les Echos |

BD, calligraphies, estampes… les enchères d’oeuvres sur papier sont passées de 420 millions d’euros en 2005 à 2,7 milliards en 2015.

Le marché du dessin se porte bien. C’est ce qui ressort du récent symposium organisé pendant Drawing Now au cours duquel Artprice a révélé ses chiffres : les ventes aux enchères d’oeuvres sur papier, anciennes ou contemporaines, sont passées de 420 millions d’euros en 2005 à 2,7 milliards en 2015. En France, les adjudications de BD (la prochaine est la collection du chanteur Renaud le 30 avril prochain chez Artcurial) ou de belles feuilles se sont multipliées, de même que les foires spécialisées. « Le Salon du dessin, Drawing Now, DDessin, ont développé ce créneau et fait comprendre que ce n’était pas un sous-médium, mais qu’au contraire il pouvait parfois y avoir plus de sensibilité dans ce simple geste que dans une peinture », souligne la conseillère en art Laurence Dreyfus. Et de citer l’exemple d’Anish Kapoor dont la production de sculptures est aujourd’hui presque mécanique alors que ses dessins des années 2000 restituent le geste de l’artiste.

La Chine s’adjuge, à elle seule, plus de la moitié des ventes aux enchères de dessins soit 1,6 milliard d’euros, ce qui s’explique notamment par son engouement pour la calligraphie. Les miniatures mongoles du XVIe au XVIIIe sont très prisées aussi. En Occident, les planches originales de BD s’enflamment de même que les études préparatoires très abouties de tableaux classiques, tel ce dessin de Botticelli cédé 1,1 million de livres à Londres.

Nouveaux sites de distribution en ligne

« Certaines feuilles sont des chefs-d’oeuvre comme les études de nus couchés de Klimt. Mais parfois les collectionneurs ont envie de s’offrir un nom et vont craquer pour une esquisse de Picasso ou de Matisse pas forcément conçue pour être vendue. Et pour des artistes dont le marché a asséché les tableaux comme Basquiat, les amateurs se rabattent sur des graffitis qui du coup atteignent des valeurs stratosphériques » poursuit Laurence Dreyfus.

Les prix des dessins sont globalement plus accessibles que d’autres types d’oeuvres, permettant de capter une clientèle différente, plus jeune. Les dessins contemporains sont particulièrement mis en avant par les nouveaux sites de distribution en ligne comme Paddle 8, Artspace, Artnet, Artsper.

Le commentaire d'Art & Value :

Le segment du dessin mérite de l’intérêt à bien des égards :

 

  • Tout d’abord, ce médium bénéficie d’une notoriété en forte hausse depuis plusieurs années grâce, notamment, à 3 salons parisiens se tenant aux mêmes dates, traitant du dessin contemporain ;
  • ensuite, ce médium est accessible (bon nombre de dessins créés par de jeunes artistes sont proposés à seulement quelques centaines d’euros), ce qui génère l’intérêt d’un plus grand nombre d’acheteurs, souhaitant notamment débuter une collection ;
  •  et puis, quelques grands collectionneurs s’y sont intéressés assez tôt, ce qui donne un vrai coup de projecteur sur ce segment.

Tous ces faits, permettent aux meilleurs artistes de pouvoir émerger assez vite et, outre le réel intérêt pictural que nous portons aux dessins, d’en faire d’éventuelles valeurs patrimoniales.

 

C’est pourquoi Art & Value préconise le dessin à ses clients, lorsque leur sensibilité, leurs objectifs d’acquisition et en particulier leur budget, « matchent » avec les caractéristiques de ce médium.